La reprogrammation de l’horloge hépatique

Un autre type de reprogrammation : la reprogrammation de l’horloge hépatique

Chez certaines personnes, le vieillissement s’accompagne de troubles métaboliques du type insulinorésistance, une baisse de l’activité des mitochondries, une détection dérégulée des nutriments. Tout ceci peut impacter sur la diminution de la longévité.
A côté de cela, on sait que la restriction calorique (RC : diminution de l’ordre de 30% de l’apport calorique) ou le jeûne intermittent (JI : 14 à 15h de jeûne sur 24 heures, tous les jours) a la capacité unique de prolonger la durée de vie de divers organismes (Asher, 2015 ; Longo, 2016).
Les troubles métaboliques cités peuvent désynchroniser l’horloge biologique du foie en raison d’une reprogrammation circadienne hépatique. Un travail remarquable réalisé par Sato et al. (2017) a montré qu’il était possible de déprogrammer la désynchronisation, de remettre en quelque sorte l’horloge circadienne à l’heure.
Ceci est possible grâce à la RC ou le JI qui va fournir toutes les raisons du monde à des substances qui augmentent au milieu de la nuit jusqu’en fin de matinée qui vont faire en sorte que l’horloge hépatique soit à l’heure et le reste. Les rouages du bon fonctionnement de l’horloge sont multiples, mais il y en a 3 qui semblent vitaux : ce sont dans l’ordre d’abord le NAD+ (Nicotinamide Adenine Dinucleotide), puis la SIRT1 (Sirtuine 1) et enfin l’AceCS1 (Acetyl-CoA Synthetase 1).
Au total, manger en diminuant les calories ou uniquement pendant 9 heures par jour sans modifier les apports caloriques à condition que ceux-ci soient adaptés ne nuira probablement pas à votre santé, et peut au bout d’un laps de temps relativement court aider ceux qui ont un décalage horaire au niveau du foie de retrouver les rythmes hépatiques de la santé. Point remarquable, en ligne de mire un vieillissement en bonne santé.

Asher G., Sassone-Corsi P. Cell 2015 ; 161 : 84-92.
Longo V.D., Panda S. Cell Metab 2016 ; 23 : 1048-59.
Sato et al. Cell 2017 ; 170 : 664-77.