La reprogrammation métabolique

La reprogrammation métabolique

Préalable

Reprogrammation ou remodelage, en tout cas une réorganisation d’un certain nombre de voies biochimiques du métabolisme énergétique, mais aussi de la synthèse et de la dégradation de certains acides aminés (AAs) et de nombreux autres composés du vivant.

La rigidité métabolique

Obre (2014a) parle de « rigidité métabolique » où on voit des tissus qui ont par exemple un penchant pour tel ou tel substrat. Le cerveau va puiser son énergie à partir du glucose, du glycérol, des acides gras et des AAs comme les acides aminés branchés (AABs), etc. En clair, les tissus ont chacun leur manière de transformer les substrats qui leur conviennent.

La flexibilité métabolique

D’un autre côté, toujours Obre (2014a) définit la « flexibilité métabolique » où on oublie la fameuse rigidité selon des critères bien ordonnés pour passer sur un autre mode jalonné d’adaptations incroyablement sophistiquées ignorant les codes habituels de l’homéostasie. Ces mécanismes très structurés et fonctionnels peuvent être rencontrés dans les cancers (Thomas, 2019), les maladies métaboliques notamment le diabète de type 2 (DT2) (Sas, 2016), la NASH (Tsukamoto, 2015), les maladies mitochondriales, des maladies auto-immunes (Obre, 2014b), et depuis peu avec moins d’informations disponibles les maladies neurodégénératives (Cavallero-Hernandez, 2016 ; Szelechowski, 2018), la septicémie microbienne (Van Wyngene, 2018). Cette liste n’est évidemment pas exhaustive.

Le remodelage ou reprogrammation métabolique

Peu importe le terme utilisé, il s’agit de modifications profondes dans les tissus qui sont ciblés et constituent clairement un facteur aggravant dans le cadre des pathologies décrites.
Ce phénomène de reprogrammation est évidemment plus délétère et handicapant pour l’organisme quand il s’agit d’un cancer. Il est plus robuste et plus perfectionné que dans les autres pathologies. En effet, pour les cellules tumorales, il s’agit de survivre face à la famine, aux thérapeutiques censées tuer les cellules tumorales d’où leur course folle à la recherche d’énergie, de nutriments et d’autres substrats à soustraire à l’humain.

Et si on prenait un peu d’avance

Un point commun, la reprogrammation métabolique existe et fait son travail de sape de manière silencieuse avec des années d’avance sur la survenue de la maladie ou la récidive de celle-ci. En effet, il y a depuis peu un certain nombre de marqueurs biologiques qui permettent de dépister certaines anomalies des voies de la reprogrammation métabolique. De plus, il est possible d’intervenir de manière personnalisée sur certains de ces dysfonctionnements métaboliques, à la phase pré-clinique.

Obre F. Régulation du métabolisme énergétique : étude du remodelage bioénergétique du cancer. www.theses.fr/2014BORD0349.
Obre F., Rossignol R. Int J Biochem Cell Biol 2015 ; 59 : 167-81.
Sas et al. JCI Insight 2016 ; 1(15) : e86976.
Thomas F. HumenSciences 2019.
Tsukamoto H. Pancreatology 2015 ; 15(6) : 561-565.
Van Wyngene et al. EMBO Molecular Medecine 2018 ; e8712 : 1-18.