Métabolites intestinaux

Métabolites intestinaux issus des acides aminés branchés et aromatiques

De quoi s’agit-il ?

La fermentation des acides aminés branchés et aromatiques élargit le spectre des produits finaux de la fermentation.
Ainsi les régimes riches en protéines entrainent une augmentation des concentrations luminales des acides gras branchés (isobutyrate, isovalérate et n-valérate) produits par le microbiote à partir des acides aminés branchés. Le même processus s’applique pour d’autres métabolites intestinaux tels que le phénol,  le p-crésol et l’hippurate fabriqués à partir des acides aminés aromatiques. Les bactéries participant principalement au catabolisme des protéines appartiennent aux familles des Lachnospiraceae, Erysipelotrichaceae et Clostridiaceae (Hugenholtz, 2018).

Pourquoi doser les métabolites issus des acides aminés branchés et aromatiques ?

Un excès de consommation en protéines et/ou une maldigestion protéique sont des causes communes à l’augmentation des métabolites intestinaux repris dans ce document. Ces métabolites ont dans l’ensemble des effets délétères. Parmi ces effets on peut citer leur intervention possible dans la survenue des dépressions, par interaction des protéines assurant la neurotransmission sympathique dans le cerveau.
L’isovalérate et l’isobutyrate font également partie des marqueurs perturbés dans le cadre des dysmétabolismes dont l’obésité et les NAFLD.

Pour quels patients ?

Les métabolites issus des acides aminés branchés et aromatiques constituent d’excellents marqueurs indirects d’une maldigestion protéique.
Il s’agit d’un constat intéressant car le diagnostic de maldigestion est souvent très difficile à poser : insuffisance de sécrétion d’enzymes protéolytiques pancréatiques ; présence d’antiprotéases dans les légumineuses et les céréales mal préparées, etc.
Ils peuvent compléter la panoplie des marqueurs utilisés dans le dépistage de l’inflammation intestinale (MICI et CCR en cours) et hépatique (NAFLD, etc).

 

Diether N.E, Willing B.P. Microorganismes 2019; 7: 19.
Hagenholtz et al. PLOS One 2018; 13(4): e0194066.
Szerzesniak et al. Nutr Neurosci 2016; 19(7): 279-83.